Cours de phonologie
3. Phonologie
La phonologie est l'étude des sons du point de vue de leur(s) fonction(s) dans la langue. La description phonologique se distingue ainsi de la description phonétique par le fait qu'elle prend en compte une dimension supplémentaire. Les sons ne sont plus envisagés simplement du point de vue de leurs propriétés intrinsèques, acoustiques ou articulatoires, mais du point de vue de leurs relations mutuelles et de leur incidence sur la signification des mots. L'étude phonologique permet ainsi de dégager ce qui fait système dans la langue. Seule l'étude phonologique peut expliquer pourquoi tout francophone perçoit une différence plus importante entre [i] et [e] d'une part, et [e] et [ɛ] d'autre part, alors que du point de vue phonétique la différence est du même ordre et de même nature (différence d’un degré d’aperture).
De même pour les consonnes ; nous entendons la même consonne dans qui et dans cou, alors qu'en réalité il ne s'agit pas tout à fait de la même consonne du point de vue phonétique. Dans qui la consonne est un palatale [c] tandis que dans cou, c'est une vélaire [k]. Nous ne percevons pas cette différence simplement parce que le français n'utilise pas cette différence phonétique. Un locuteur éwé (langue du Togo) perçoit cette différence dès lors qu’elle est pertinente pour distinguer des mots : [cá] attacher et [ká] clouer, [àcɔ́] parure et [àkɔ́] poitrine.
D’un autre côté, un locuteur francophone fait très bien la différence entre [ʃ] et [ʒ] ([ʃu] chou et [ʒu] joue, [aʃil] Achille et [aʒil] agile), alors qu’un locuteur de finnois ne perçoit la différence entre ces deux consonnes du fait qu’elles n’existent pas dans cette langue. Cela nous montre par ailleurs que la phonologie prend en compte la dimension psychologique du langage par la perception des sons, alors que la phonétique reste sur le terrain des faits bruts en ne prenant en compte que les propriétés physiques de sons.
