3.3. Distribution des sons

La comparaison précédente nous montre que la phonologie ne se réduit pas à la recherche de paires minimales pour l'identification des phonèmes. Pour avoir une idée plus précise de la fonction des sons dans la langue, il faut tenir compte du rendement des oppositions, et pour cela, il faut regarder leur distribution.

La distribution d'un son est l'ensemble des contextes où il peut apparaître. La prise en compte du contexte n'est pas une chose facile, car plusieurs facteurs peuvent être liés à l'apparition d'un son lorsque sa distribution est contrainte. Dans l'exemple de l'opposition entre [e] et [ɛ] nous avons vu qu'il s'agissait de la nature de la syllabe (distinction entre syllabe ouverte et syllabe fermée) et de la place de la syllabe dans le mot.

Lorsqu'on tient compte du contexte, on est amené à préciser le type de la distribution. Les deux principaux cas de figure sont l'équivalence distributionnelle et la distribution complémentaire.

Lorsque deux sons apparaissent exactement dans les mêmes contextes, on dit qu'ils ont la même distribution, qu'il y a équivalence distributionnelle. Ce cas de figure est représenté par le schéma suivant (A = ensemble des contextes correspondant à la distribution des sons quelconques [α] et [β]) :

Représentation de l'équivalence distributionnelle. A = ensemble des contextes correspondant à la distribution des sons quelconques [α] et [β]

Deux sons peuvent ne jamais apparaître dans les mêmes contextes. On dit alors qu'ils sont en distribution complémentaire. La distribution complémentaire est représentée ainsi :

Représentation schématique de la distribution complémentaire