L'auteur

C. Sallustius Crispus, né à Amiternum, en Sabine (au N.-E. de Rome) en 86 et mort à Rome en 36/35 av. J.-C., appartenait à une famille plébéienne, d'une certaine aisance apparemment, car Salluste a reçu une instruction solide.

Questeur en 55 (ou 54), il est nommé tribun en 52 et prend alors nettement le parti des populares : il participe à la violente campagne contre Milon et son défenseur Cicéron (rappelons qu'au cours d'une rixe meurtrière entre populares et optimates, Milon aurait tué Clodius de sa propre main).

Il aurait été exclu du sénat, en son absence, en 50, pour raison d'immoralité. C'est César qui lui fait recouvrer son rang de sénateur (en 48). Toujours grâce à son puissant protecteur, il obtient le gouvernement de l'Africa Noua (Numidie) et y fait fortune : son passage dans la province n'est pas exempt de scandales et il échappe de peu à un procès pour concussion.

Après l'assassinat de César (en 44), Salluste, dont la carrière politique avait été ratée, se retire de la vie active : il abandonne la vie publique pour s'adonner à l'histoire, sur le Pincio, au nord de Rome. Il écrit deux monographies, la Guerre de Jugurtha et la Conjuration de Catilina, où il souligne la montée des grandes individualités et insiste sur les causes de la décadence de la République. Même après 39, embrassant dans les cinq livres de ses Histoires (dont il ne nous reste que des fragments) toute la multiplicité de la vie romaine en un plus long temps (de 79 à 66), il vise à décrire la destruction des mesures aristocratiques de Sylla et la renaissance du parti démocratique.

Ainsi son activité littéraire prolonge sans rupture sa vie politique ; mais, en élargissant de proche en proche son domaine, elle se détache de toute préoccupation personnelle.

Le texte

Le texte étudié est un extrait de la monographie consacrée à la lutte contre Jugurtha, épisode important aux yeux de l'historien, car il y reconnaissait la période critique où la noblesse victorieuse des Gracques avait commencé à se déconsidérer et où avait commencé à s'imposer le grand général « démocrate » Marius, seul popularis qui ne soit pas issu de la nobilitas. Le caractère hors norme de ce général nous amène à en offrir un portrait détaillé dans la partie historique.