Section 2 : Conditions et conséquences de la concurrence pure et parfaite

Site: Moodle Université Numérique
Cours: Microéconomie 2
Livre: Section 2 : Conditions et conséquences de la concurrence pure et parfaite
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Date: mercredi 24 avril 2024, 17:03

1. Les cinq conditions définissant un marché de concurrence pure et parfaite

Atomicité

Il existe un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs sur le marché, de telle sorte qu’aucun d’eux n’a, à lui seul, un poids suffisant pour influencer significativement le prix ou la quantité d’équilibre sur le marché global. Les agents présents sur un marché de concurrence pure et parfaite se trouvent en situation dite de « price-taker » ; le prix de marché s’établit globalement sur le marché, sans qu’ils ne puissent agir sur ce dernier. Les entreprises ne choisissent donc que les quantités qu’elles souhaitent produire et vendre sur le marché et les consommateurs ne choisissent que la quantité de produit qu’ils souhaitent y acquérir.

Fluidité

N’importe quel acheteur ou vendeur peut entrer ou sortir du marché à sa guise. Sur le marché, il y a libre entrée et libre sortie. Cela signifie qu’il n’y a pas d’obstacle de nature institutionnelle (réglementaire), technique ou économique qui empêche de nouvelles entreprises de s’implanter ou qui impose une sortie du marché coûteuse. Les consommateurs sont de leur côté libres d’exprimer une demande sur un tel marché ou de cesser de le faire.

Homogénéité du produit

Toutes les unités du produit offert sur un marché sont parfaitement identiques, quelles que soient les entreprises du marché l’ayant proposé. Par conséquent, le seul élément qui joue sur la décision d’achat est le prix du produit et non pas des spécificités ou caractéristiques qui lui seraient propres et le différencieraient des autres produits.

Mobilité des facteurs de production

Travail et capital sont parfaitement mobiles d’une entreprise à l’autre, ce qui implique que les entreprises sont placées dans des situations identiques en ce qui concerne leurs achats de facteurs. De manière concrète, cela signifie que toutes les entreprises bénéficient des mêmes coûts en ce qui concerne les facteurs de production.

Transparence du marché

L’information des acheteurs et des vendeurs est complète, disponible immédiatement et sans coût. Tous les acteurs du marché connaissent exactement les offres et les demandes qui s’expriment par ailleurs sur le marché.

On dit parfois que les deux premières conditions (atomicité et fluidité) assurent une concurrence pure de tout élément de monopole (en effet, ces deux conditions ne sont pas satisfaites en cas de monopole). Les trois dernières conditions décrivent une concurrence parfaite.


2. Les conséquences de la concurrence pure et parfaite

Conséquence immédiate de la condition d’atomicité, le prix déterminé globalement par l’équilibre du marché s’impose à l’entreprise comme une donnée. Cette dernière ne dispose pas d’une envergure suffisante pour pouvoir peser, de quelque façon que ce soit, sur le prix. Si elle souhaite vendre à un prix plus élevé que celui déterminé par le marché, elle ne vendra rien, du fait de l’hypothèse d’homogénéité des produits (qui achèterait plus cher un produit parfaitement identique ?). Si elle souhaite vendre à un prix plus bas, elle va provoquer une réaction immédiate des autres entreprises qui baisseront toutes leurs prix au même niveau (hypothèse de transparence), ce qui fait qu’elle ne vendra pas davantage et que le seul résultat de la baisse de prix sera un profit moindre, inférieur au maximum possible, pour toutes les entreprises du marché. On peut graphiquement représenter la situation ainsi :

On remarque que la situation de « price taker » de l’entreprise en situation de concurrence pure et parfaite fait que la demande à l’entreprise est une droite horizontale. Rappelons que la demande à l’entreprise correspond à la recette moyenne. Cette droite symbolise le fait que quelle que soit la quantité demandée à l’entreprise, elle sera vendue au prix p*, prix d’équilibre imposé par le marché. Donc :

RM (Q) = p* = constante

et

RT (Q) = RM (Q) Q = p* Q

d’où

Rm (Q) = RT’(Q) = p* = RM (Q)

La recette liée à la production et à la vente d’une unité supplémentaire à partir d’un point donné (la recette marginale) est toujours le prix imposé par le marché c’est à dire la recette moyenne. En définitive, en situation de concurrence pure et parfaite, on a systématiquement :

 RM(Q) = Rm(Q) = p*